ADAF asbl

Communiqué N°32

10/02/2009 21:00

Non au chantage

Toute cette journée du mardi 10 février, nous avons dû faire face à une véritable offensive médiatique visant à influencer le vote des actionnaires. Des Xièmes tentatives d’intimidation du ministre des Finances aux incroyables mensonges assénés au journal télévisé de RTL par Monsieur De Boeck en passant par la réapparition de Monsieur Davignon. Sans oublier les multiples interventions de Georges Ugeux expliquant sa stupéfiante conversion de dernière minute. Ses entretiens personnels avec BNP Paribas ce lundi (à quel titre ?) l’ayant soudainement transformé en un ardent défenseur du oui…

Face à ces nouvelles et ultimes tentatives de déstabilisation des actionnaires de FORTIS, l’ADAF recommande, à l’instar de Maître Modrikamen, de Test-Achats et de Deminor de voter contre toutes les opérations des 3, 5 et 6 octobre 2008.

VOTER NON :

- C’est faire œuvre citoyenne en prenant en compte l’intérêt des entreprises belges, des travailleurs, notamment ceux de FORTIS, des épargnants et bien évidemment des actionnaires en maintenant le centre décisionnel de nos activités en Belgique.

- C’est donner la chance à une vraie négociation entre toutes les parties, où les actionnaires seront enfin présents, sans exclusive ni sur les personnes ni sur les solutions.

- C’est respecter l’indépendance de la justice en lui permettant de continuer à faire son devoir d’enquête.

- C’est permettre à la Belgique de ne plus devoir craindre pour son budget et la notation de sa dette, car l’Etat ne perdrait plus d’argent concernant le cours boursier de BNP PARIBAS.

- C’est donner la chance à la Belgique de conserver une institution bancaire historique, importante et essentielle pour l’économie belge.

- C’est donner la chance aux entreprises et ménages belges d’avoir un accès plus facile aux crédits, les décisions se prenant à Bruxelles et non à Paris. Qui peut croire que BNP PARIBAS, si elle a le choix de soutenir une entreprise belge ou une entreprise française, choisira la société belge ?

- C’est préserver l’emploi au sein de FORTIS et donner la chance aux services back-office (salle des marchés, corporate banking, investment banking, services paiements et services virements, crédits documentaires) de ne pas être délocalisés.
 
PAR CONTRE, VOTER OUI :
 
- C’est accepter les manipulations, les mensonges, les menaces dont tous les actionnaires ont été l’objet.
 
- C’est perdre son honneur.
     
- C’est accepter que des administrateurs, des ministres et BNP PARIBAS violent les règles de droit.
 
- C’est accepter qu’avec l’aide de l’Etat, BNP PARIBAS vide FORTIS à vil prix ; ce que l’ADAF considère comme étant une escroquerie, plusieurs membres ayant d’ailleurs déposé une plainte pénale dès novembre 2008 pour ce motif contre BNP et contre tous ceux y ayant participé.
 
- C’est donner la priorité à de petits intérêts personnels au détriment de la collectivité et de la possibilité d’agir, d’investir, d’être responsable.


Soyons des actionnaires courageux et citoyens, et votons non aux opérations des 3, 5 et 6 octobre 2008.

Concernant le choix des administrateurs, certains n’ont pas souhaité s’exprimer et d’autres ont pris des positions assez changeantes.

A la lumière de ce qu’ils nous ont déclaré ou des positions qu’ils ont prises dans les médias, nous avons décidé de soutenir les candidatures de Messieurs Zegering Hadders et van Daele, ainsi que celle de Monsieur De Mey. Nous nous abstiendrons concernant les 4 autres candidats.

Pour finir, il semble que les Français ne partagent pas exactement les mêmes craintes que Messieurs Hessels, De Boeck, Ugeux, Reynders et compagnie. Une analyste parisienne résumant ce matin le sentiment hexagonal : « BNP PARIBAS veut encore y croire. La banque française croise les doigts, car un échec serait mal interprété par les marchés. C'est une opération attendue pour renforcer le groupe. Un échec de cette opération peut relancer des rumeurs d'une augmentation de capital ».

En résumé, en Belgique, certains ont peur de garder la banque. En France, ils ont peur de la perdre...



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